Rénalis 2011

Publié le par Rénalis

Rénalis 2011

TEMOIGNAGES

« Moi, je voudrais dire une chose, c’est que la vie c’est formidable ! » s’écrie Michel. Atteint d'une maladie congénitale, Michel est né avec une colonne vertébrale non terminée. Lorsqu'il a été hospitalisé en 1971, les médecins pensaient qu'il ne vivrait pas longtemps. En 1981, il a commencé à dialyser, et aujourd'hui, après trente ans de dialyse, il dit être en forme, non sans remercier son entourage "formidable".

C’est à Lourdes, que nous avons rencontré Michel, au Pèlerinage des Insuffisants Rénaux, « Rénalis », qui se réunit chaque année début juin dans la cité mariale, et qui fête modestement ses cinq ans d’existence. Un des médecins du pèlerinage prophétise : « A cinq ans, je pense que le bébé est viable et costaud, longue vie à lui ! »

Rénalis est né d’un constat : « Nous, les Insuffisants Rénaux, dit Jérémie, on est un peu des gens à part. Ni invalides, ni bien-portants. Cela dépend des jours. Au retour de la dialyse (une séance de 5 heures, trois jours par semaine), je suis toujours exténué, incapable de suivre les activités d’un pèlerinage. Le lendemain, j’ai plutôt la pêche est envie de bouger. Lors d’un pèlerinage « classique », soit on est « bien-portant », et on suit les activités du pèlerinage, soit on est « malade » et alors on a les activités des « malades ». A Rénalis, c’est les mêmes activités pour tous, et elles sont programmées en fonction de nos capacités, on prend son temps, on peut se reposer. Et si le jour des piscines on est en dialyse, il y a une “session de rattrapage” le lundi ! »

Au retour de la procession aux flambeaux, Claudie se confie : « C’est vrai que je suis un peu bavarde, tout le monde me le dit. Mais à Rénalis, on peut parler entre nous de nos problèmes, de la dialyse, de la fatigue. Du coup, on n’a pas l’impression d’être des incompris, on est réconforté de rencontrer des gens qui vivent la même chose que nous. Et puis, de pouvoir compatir à la souffrance des autres, rencontrer ici à Lourdes tant de gens plus malheureux que moi, prier avec eux, j’oublie un peu mes problèmes pendant ce temps. »

Et puis Laurence, qui a les paupières un peu rougies : « Moi, c’est mon mari qui m’a dit de venir cette année. Il était dialysé, on était venu ensemble à Lourdes avec Rénalis. Puis il a eu un “appel de greffe” : il y avait un rein pour lui. Mais la greffe n’a pas pu se faire, et la santé de Paul a décliné. Alors qu’il était très mal, il m’a dit : “Je veux retourner à Lourdes. Pour remercier sainte Bernadette.” Lui qui deux ans auparavant ne croyait ni à Dieu ni à diable, il voulait, peu de temps avant de nous quitter, revenir à Lourdes pour remercier ! Alors, cette année, c’est moi qui reviens. Et je sais que Paul est avec moi, près de Marie. »